Jonathan-Wolstenholme

Choisir le sujet d’une collection de livres anciens

Je vais essayer de ne pas tomber dans les banalités… Comme toute la pensée humaine se trouve dans les livres, ne pas trouver un thème pour démarrer une belle collection de livres anciens est improbable ! Comme il paraît également improbable de collectionner des livres dont le sujet ne vous intéresse pas. Car il est question ici de sujet et non de physique. Si votre idée est de collectionner des livres pour leur physique (type de reliure), cela ne vous intéressera pas, puisque vous avez déjà définit votre thème ! 😉

Je voudrais donner ici une idée « pratique » et amusante pour réfléchir et trouver son sujet de collection (ou ses sujets de collections). Viendront par la suite, des idées pour le montage de la collection, de sa hiérarchie à sa gestion. Et pour cela, j’ai envisagé de construire une collection comme un projet, avec l’idée de le réussir (en tous les cas de ne pas rater l’occasion de réussir).

1) TROUVER SON SUJET

Vos centres d’intérêts

Le sujet doit refléter votre personnalité, vous plaire, car votre collection va vous demander du travail !
Partant de ce constat à la « M. de La Palisse », s’il vous plait, amusons-nous à l’exercice suivant :

Notons sur une feuille et en un mot au moins 5 de nos passions ou centres d’intérêt, ou 5 disciplines dans lesquelles nous avons déjà une certaine expérience. Ne pensons plus aux livres, mais à nous-même  : « qu’est-ce-qui me plaît énormément, dans quel domaine je me sens fort(e), à l’aise, etc… »
Ecrivons simplement des mots (exemple : danse, automobile, napoléon, planche à voile, poésie… )

Les deux premières idées « arriveront » sûrement rapidement, mais restons concentrés et jouons le jeu jusqu’au bout. Cela paraît bien simpliste, et pourtant il est possible de coincer dès cette étape, et c’est bien regrettable parce que c’est le premier degré qui doit nous conduire à notre objectif : trouver un thème (ou bien le définir). Alors il faut continuer ! au moins 5 centres d’intérêt.

La notion de temps

Une fois que c’est fait, introduisons la notion de « temps » qui est associée aux livres anciens.
Donc devant chaque mot notons: « histoire de » et derrière chaque mot : « au temps de… »
– « histoire de » permettra de situer le thème dans un contexte littéraire
– « au temps de… » permettra de fermer ou bien d’ouvrir le thème. « Au temps de… » peut-être une époque, une période ou un personnage important, à définir plus tard.

L’accroche

Avec « histoire de » et « au temps de  » on doit obtenir une accroche évocatrice, qui nous fait déjà rêver.
Cela pourrait donner :
Histoire de la danse / La danse au temps de…
Histoire de l’automobile / L’automobile au temps de…

Ce petit exercice permet de flairer ce qui « sonne bien » et d’éliminer ce qui ne fonctionne pas. Il permet également de préciser ou rectifier, par exemple pour l’automobile, on peut rectifier par « moyen de transport »… et choisir l’accroche : Les moyens de transport au temps de…, ou encore « se déplacer au temps de… » ou « voyager au temps de… »
Il permet aussi de regrouper des sujets entre eux, de faire des combinaisons :
La poésie au temps de Napoléon (la poésie sous le 1er empire)

Cela peut donner des accroches amusantes, voire complètement fantasques, mais c’est une bonne base pour démarrer et se projeter dans sa future bibliothèque ! Il ne faut surtout pas que cela soit un véritable casse-tête. « L’accroche », c’est un peu comme le titre d’un roman, c’est un fil conducteur, cela doit évoquer des décors, des lieux, des personnages… Cela permet aussi d’élargir ou de restreindre un sujet. Par exemple si votre thème est trop vaste, comme « la gastronomie », limitez-le à une époque : vous augmenterez les difficultés de recherches mais augmenterez en même temps votre connaissance du sujet.

2) QUELQUES PISTES POUR EVALUER SON SUJET

Maintenant introduisons la notion de valeur (valeur marchande, valeur bibliophilique, valeur intellectuelle). Ce sera bien utile si on hésite entre plusieurs thèmes. Une belle collection a de la valeur. On doit aussi prévoir un budget et donc limiter les folles tentations ou les « hors de prix ».

Posons-nous les questions suivantes :
– le sujet de ma collection, fait-il encore rêver aujourd’hui ?
Si votre sujet ne fait pas rêver les foules, s’il est trop pointu, il aura peu de chance d’être convoité. Vous trouverez certainement des ouvrages bon marché, mais pensez que l’estimation de votre collection sera sûrement faible.
Si votre sujet fait encore rêver, vous aurez de la concurrence, vous ferez des dépenses, il faudra être malin et instruit pour trouver des pièces dont l’intérêt échappe aux marchands, en revanche, votre collection sera convoitée, a fortiori bien estimée.

– le sujet de ma collection, évoque-t-il des images ? Voilà un indice qui suggère que votre thème a un bon potentiel.
Les collectionneurs de livres anciens aiment enrichir leur bibliothèque d’images se rapportant à leur thème (cartes postales, dessins, etc…). L’illustration apporte de la valeur aux livres. Les beaux textes s’accompagnent souvent d’images : lithographies, estampes (bois, burin, eaux fortes…).

– le sujet de ma collection, évoque-t-il des personnages célèbres ? Précurseurs, inventeurs, détracteurs, auteurs, héros,… Le livre est une aventure humaine, le sujet de votre collection doit contenir des « pics » intellectuels ou spirituels, des textes qui ont marqué l’histoire. Là encore, cet indice doit vous permettre de cerner le potentiel de votre sujet.
Listez les personnages « clés » liés à votre sujet (qu’ils soient réels ou imaginaires…). Ils nous serviront dans un prochain article pour construire autour d’eux la collection.

Conclusion :

Cette trame devrait convenir à tous ceux qui souhaiterait démarrer cette aventure, il n’ y a pas d’école ni de méthode pour collectionner les livres. Toutes les notions de bibliophilie arriveront naturellement, au fur et à mesure que le plan se dresse, que les livres arrivent sur vos étagères, patience, curiosité et enthousiasme seront vos meilleurs guides !

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Commentaires

  • JULLIEN Francis
    Répondre

    Je lis avec intéret vos articles, ayant moi même constitué une bibliothèque (et non collection) autour d’un thème qui est l’histoire des hommes. Mes livres sont exclusivement du 18ème siècle, c’est le siècle que je préfère avec des livres qui comportent la plupart des reliures bien soignées.

    En fait j’ai continué le peu qui me restait (50 livres )de la bibliothèque de mon grand père, qu’il avait lui même reçu de son père et ainsi de suite depuis le 18 ème siècle.
    En cherchant sur internet, mon aieul avait près de 2000 livres, j’ai donc imaginé ce que pouvait lire une personne au 18ème sur l’histoire et je me suis constitué ma propre bibliothèque. C’est vrai que c’est cher, mais je n’ai pas compté (j’ai un peu plus de 2000 livres), je pars à le retraite dans 2 ans et je me plongerai dans mes livres, comme le faisait mon grand père qui marquait toute les pages qui l’ntérressaient par des bouts de papiers et des renvois vers d’autres livres pour voir les analogies entre version. J’ai achété sur ebay, mon site favori, je ne vis pas en France et donc je ne peux faire les salles de ventes, les seules boutiques de livre anciens que j’ai visité m’ont fait peur… langage précieux pour décrire ce qui chasse le naturel, prix exhorbitants, et peut être n’est ce pas ce que je recherche. Donc avec mes connaisances personnelles, enrichies par les commentaires des vendeursde ebay et les recherches internet, avec mon envie de refaire la bibliothèque de mon grand père (qui a été dispersé entre ses enfants), et de mon aieul, j’ai repris le flambeau pour donner à mes enfants un témoignage du passé. Ces livres ont traversé les siècles, ce qui veut dire que des gens les ont gardés, les ont cachés, les ont lus, se les ont prétés, et qu’ils résistent encore à notre époque, c’est la valeur que je leur donne. Quand certains veulent s’en débarrasser, celà me rend heureux de pouvoir les acquérir et compléter ceux qui me manquent.
    Enfant, ma grand mère sortit le nostradamus de mon grand père pour nous le montrer, ce livre qui a disparu de chez nous (chez une tante), je l’ai racheté pour le remettre dans ma bibliothèque, et boucler ainsi la boucle et raviver mes mémoires d’enfant.
    voilà mon témoignage

    cordialement

    • Céline Essentiam

      Et bien voici un précieux témoignage, qui porte en lui de nombreuses valeurs partagées et un point extrêmement important (à mon avis) bien trop rarement souligné : la lecture de vos livres anciens.
      Je reconnais aussi celle « du passeur » de livres, cette valeur qui nous met à notre place et qui nous rappelle que nous ne possédons pas éternellement. Elle nous rappelle aussi notre responsabilité face à la somme historique accumulée et conservée jusqu’à nous.
      Je relève également un fait qui me préoccupe : cette distance entre les librairies et les amateurs de livres… que se passe-t-il ? le courant ne passe plus du tout, d’un côté les librairies cherchent une nouvelle clientèle, de l’autre elles semblent hermétiques à toute tentative de communication… à creuser… c’est une raison pour lesquelles j’ai reconstruit ce site internet, à l’image d’une « maison » dédiée aux livres : c’est à dire un endroit vivant, avec des « gens » qui ont des histoires à raconter, des idées, des questions, une ruche où le miel serait des pages imprimées ^^
      Je souhaite vous apporter beaucoup de plaisir à poursuivre votre projet, d’autant plus qu’à la rentrée prochaine je consacrerai tout mon temps à Essentiam !
      Un grand merci, Céline.

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Je ne suis pas en ligne, laissez-moi votre message, je vous réponds dès mon retour. Céline Essentiam.

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