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Collectionner des livres de chasse

Un bref parcours dans l’histoire des livres de chasse s’impose au moment où nous posons sur nos rayons quelques pièces importantes de cynégétique. La chasse, nous le savons bien, n’a pas la faveur d’une majorité politiquement correcte. Toutefois, elle est un élément incontournable de notre histoire, de notre culture et donne de nombreuses pistes de réflexions sur la place que l’on occupe aujourd’hui dans un environnement dénaturé.
Nous verrons donc les textes et les auteurs de cynégétique qui ont marqué cet art et les bonnes raisons de collectionner ces ouvrages.

La chasse dans les manuscrits

Bien avant l’imprimerie, et dès l’antiquité, la chasse occupe une place « sacrée » dans l’esprit des hommes. Xénophon se préoccupe de cynégétique en pleine Grèce décadente. Au moyen-âge, dès le XIe siècle, dans les chansons de geste, les miniatures et les manuscrits, la chasse illustre des parcours initiatiques. Les forêts, le bestiaire imaginaire, les épreuves d’amour et de bravoure font de l’initié un homme aux valeurs nobles, un chevalier.
Les lais de Marie de France, les romans de Chrétien de Troyes, le Roman de Tristan et Iseut restituent l’esprit chevaleresque et donnent une littérature profane teintée de vénerie.
En Europe, c’est à la fin du moyen âge (XIIIe siècle) qu’on s’attache à coucher sur parchemin des textes didactiques entièrement voués à l’art de chasser, textes de grande qualité, naturalistes, et que les artistes réhaussent d’enluminures merveilleuses.
Le plus ancien fut dicté par Frédéric II de Hohenstaufen et relate de la Fauconnerie « De arte Venandi cum avibus », relié dans un codex magnifiquement illustré. L’original a été perdu, une copie est conservée à la bibliothèque du Vatican et une copie française est conservée à la BN.
Vient ensuite le livre du Roy Modus et de la Reine Ratio, rédigé vers 1375 par Henry de Ferrières et imprimé en 1471. C’est véritablement le premier livre de chasse imprimé, où l’on constate que les pratiques médiévales de la vénerie ne s’éloignent pas beaucoup de celles d’aujourd’hui.

Littérature cynégétique : les incontournables

Une bibliothèque cynégétique ne peut donc se détourner des grands textes anciens rédigés par les Princes, Gentilshommes et Grands Veneurs de France.
Il serait ennuyeux et très long de donner une liste d’ouvrages pour couvrir près de 9 siècles de production écrites, toutefois, quelques noms allument de manière récurrente les plus belles ventes de livres de cynégétique :
Gaston Phébus comte de Foix, Jacques du Fouilloux, Charles IX, Jean de Ligneville, Robert de Salnove, Jacques d’Yauville, Gaffet de La Briffardière, Magné de Marolles, Goury de Champgrand, etc.

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Ci-dessus : l’édition originale du Traité de Vénerie par M. d’Yauville

Les plus importants traités de vénerie ont été écrits sous l’Ancien Régime, restituant parfaitement plusieurs siècles de savoirs et de traditions. Le faste des chasses royales allait disparaître pour laisser s’installer une forme plus sportive et plus démocratique, la littérature d’après la Révolution Française se tournant alors vers les souvenirs et les récits de chasse.
Citons : le Comte Le Couteulx de Canteleu, Chabot, Elzear Blaze, le Marquis de Foudras, Gérard d’Havrincourt, le Marquis de Cherville, Jourdeuil, Oberthur, Vialar, Villatte des Prugnes, etc…

2 bibliographies sont à retenir :
– THIÉBAUD. Bibliographie des ouvrages français sur la Chasse.
– SOUHART. Bibliographie générale des ouvrages sur la Chasse.

Des livres à collectionner

Les traités de vénerie ont été recherchés et convoités dès la fin du Moyen-âge. Il est difficile aujourd’hui (et coûteux) de trouver les premières éditions des grands traités, en revanche de nombreuses ré-éditions (proche de l’année de la première) permettent encore d’acquérir un ouvrage « dans son jus ».

Les sujets des ouvrages cynégétiques sont aussi l’occasion de collection :

– les chiens : principaux acteurs de la chasse. Une large place dans la littérature leur est dédiée, les chenils, l’élevage, le dressage, les soins…

– les gibiers : connaissance de la faune des forêts, des montagnes, des marais…

– les oiseaux : aussi bien acteurs dans la chasse au vol (oiseaux de proie, faucons, éperviers, etc…), aussi bien gibier (les canards et la bécasse occupent l’esprit et la plume des écrivains de cynégétique)

– les armes : pièges et armes montrent l’évolution des techniques de chasse

– les illustrations : le talent d’artistes animaliers pour illustrer les récits, peintures, estampes, lithographies se collectionnent.

– etc…

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De gauche à droite :
– le Traité de Vénerie, El Mangali, bilingue Arabe Français
– Le chasseur au chien courant, BLAZE, Elzéar
– Le Traité des chasses aux pièges, Kresz

Les livres de chasse témoignent d’une histoire, la nôtre, et montrent la relation de l’homme à la nature. Chaque acteur y a sa place, sa force et son intelligence. Se lever à l’aube, marcher à la billebaude, et rencontrer l’animal à la lisière d’un bois, qui du promeneur ou de l’animal sera le plus surpris ?

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Commentaires

  • Guy Brunon
    Répondre

    Merci pour cet article qui fait vibrer une corde sensible.

    Disciple de Saint Hubert et Nemrod pratiquant, j’ai amassé en 25 ans quelques centaines de livres de chasse. La contamination primaire a été la chine et la lecture d’un exemplaire de l’E.O. des « Gentilshommes Chasseurs » du Marquis de Foudras.

    Bien qu’étant aussi atteint de ‘Pataphilie aigüe, je ne suis toujours pas guéri de ma bibliopathie cynégétique.

    Bibliographie cynégétique: Outre le Schwerdt, on peut ajouter à la magnifique œuvre de Thiébaud son indispensable supplément commis par Mouchon en 1953, et -pourquoi pas- le Kaps (1998), beaucoup moins rigoureux mais qui a le mérite d’exister. Les Catalogues des ventes de la fabuleuse collection Marcel Jeanson par Sotheby’s sont également de précieuses références.

  • Pierre
    Répondre

    Bonjour à tous,

    Je suis à la recherche d’information sur une race de chien courant en particulier. La race est le Briquet de Provence.

    Je suis à la recherche d’ouvrage, même très ancien, parlant de cette race.

    Je serais très reconnaissant si des personnes possèdes des in formations et m’en font part. Voici mon mail issambresurombrine(@)bbox.fr

Un renseignement ?

Je ne suis pas en ligne, laissez-moi votre message, je vous réponds dès mon retour. Céline Essentiam.

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