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Grave dégât sur livre ancien : un trou de rongeur

Je vous présente une toute récente acquisition — faut-il être un peu bizarre pour acheter cela — qui a la particularité d’avoir été grignotée par un rongeur.
Je n’avais encore jamais pu observer un dégât aussi considérable causé par une bestiole… à moins de se rendre à Rome, à l’Institut de pathologie des livres et des manuscrits où sont soignés de nombreux chefs-d’œuvres, nos livres abîmés sont en général bien moins gravement atteints que ce petit dernier.

Il m’est venu à l’esprit que l’état de ce livre pourrait illustrer les périls « naturels » que subissent les monuments de la pensée. Et que je devais le conserver dans cet état pour qu’il témoigne des mauvais traitements infligés par ignorance ou négligence d’hommes peu responsables.
Car on ne peut pas en vouloir à la souris (si, un peu quand même !) qui vient chercher de la matière pour confectionner son nid, et qui a pu ici ronger le plat en commençant par un bord. Cela suppose qu’elle s’est promenée sur ce livre posé à plat, sans protection. Outre le trou béant sur le plat et les pages, ce livre a du être souillé par les déjections de l’animal. Bien que d’apparence « propre » à sa réception, je l’ai désinfecté à l’alcool puis j’ai procédé à un bon nettoyage au savon comme il se doit.

Un aperçu des dégradations :

plus de 150 pages rongées

plus de 150 pages rongées

Trou en forme d’entonnoir

Trou en forme d’entonnoir

cuir, carton et papier détruits.

cuir, carton et papier détruits.

L’observation de ces dégâts est une excellente motivation à la surveillance de la maison.
A notre arrivée dans le Perche notre inquiétude était plutôt portée sur l’humidité de l’air. En cette période estivale ce sont les insectes qui attirent notre attention. Désormais nous serons attentifs aux autres bibliophages, car de nombreux cartons sont encore entreposés au grenier. La surveillance des livres, des étagères, des bibliothèques et des cartons n’est pas une corvée. C’est une promenade similaire à celle du jardinier qui entretient son jardin. Elle est quasi quotidienne et procure une sensation d’apaisement.

Ce malheureux livre sera peut-être le premier locataire d’un « petit musée des horreurs » dans mon bureau-atelier, où viendront se joindre à lui de grands brûlés, de déchirés, de noyés, que sais-je encore… les maux ne manquent pas !

Exemples :

Ouvrages abimés dans le bombardement de l’abbaye de Montecassino pendant la Seconde guerre mondiale photographié à l’Institut de pathologie du livre – photo Alberto Pizzoli AFP

sources : La Dépêche

sources : La Dépêche

Livre rongé par les termites !

Sources : laboratoire Lamolie

Sources : laboratoire Lamolie

>> A voir : d’autres images de livres très dégradés

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