relieur

La reliure : le manteau des livres

Un manteau pour se protéger, simple, lourd parfois austère, un manteau pour parader, richement orné, coloré ou doré, un manteau de cuir ou de toile… à chacun livre et chaque époque son manteau.

La reliure a une histoire, une tradition et des règles qui restent encore mystérieuses ou inconnues d’un grand nombre d’entre nous. Il faut reconnaître qu’il est difficile, voire impossible, de se familiariser avec les innombrables variétés produites depuis l’apparition du codex (première forme de livre comparable à ceux d’aujourd’hui) vers l’an 100 après J.C.
Sans espérer se procurer des ouvrages si éloignés de nous, :roll: on peut encore rêver de posséder quelque incunable… Les conditions favorables à la conservation de ces trésors artisanaux s’amenuisent avec le temps, on se contentera quelques fois de vestiges soigneusement conservés dans une boite (un morceau du dos, un nerf en cuir, une tranchefile, un fermoir…).

La connaissance de ce métier d’art apporte beaucoup de satisfaction à ceux qui sont fascinés par le monde du livre, les reliures sont appréciées à leur authenticité, à leur exécution, et tous les détails comptent (car ils racontent quelque chose). Avez-vous déjà remarqué l’attitude d’un amateur de livres lorsqu’il tient dans ses mains un ouvrage relié ? Il évalue son poids en utilisant ses bras comme une balance, il ouvre le livre en soulevant le premier plat et le referme, en laissant tomber le plat sur le corps d’ouvrage pour écouter le bruit sourd de l’impact. Les livres bien reliés font un bruit caractéristique. Il observe encore la gouttière, vérifie le brochage, etc… Il identifie la [glossary id=’997′ slug=’couvrure’ /], quel cuir ? (basane, veau, maroquin…). Cet amateur devient alors maître du livre et en prend pleinement possession.

Les décors sont également appréciés (et recherchés). Des relieurs ont laissé leurs noms au cours de l’histoire, Ruette, Du Seuil, Padeloup, Bradel, Bozerian, Thouvenin…et ont lancé des modes « au semis », à la Du Seuil », « à la fanfare », à l’éventail », etc. De l’incrustation de pierres précieuses, au simple filet doré, les décors caractérisent telle ou telle époque. Les fers à dorer ont leur langage en quelque sorte : fleurs ? tortillon ? pointillé ? Plus proches de nous, l’époque moderne du livre change les artisans d’art en artistes. Abstraction ou figuration, recherche de nouveaux matériaux, les reliures se signent comme des tableaux ou s’exécutent d’après des maquettes.

J’encourage vivement les relieurs-amateurs qui consultent notre site internet, les relieurs professionnels ou les amateurs de reliures d’art particulières à enrichir nos pages de leurs commentaires ou de leurs courriers et à nous envoyer des photographies de leurs travaux.

Je vous propose pour finir cette introduction à l’amour de la reliure 4 ouvrages très bien faits et bien illustrés pour découvrir plus en détails ce merveilleux métier :

bibliographie

Dix Siècles de Reliure par Yves Devaux
Reliures royales de la renaissance. par Marie-Pierre Lafitte
La Reliure par Josep Cambras
La Reliure d’art par Giulia Bologna

Partager...Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

Commentaires

Un renseignement ?

Je ne suis pas en ligne, laissez-moi votre message, je vous réponds dès mon retour. Céline Essentiam.

Je peux vous renseigner ?

Tapez ici