Marie-in-the-garden

L’été : la saison creuse pour les livres anciens

Le cuir, le bois des tablettes des bibliothèques, les lumières tamisées, les couleurs mêmes des livres anciens… tout cela ne s’accorde pas tellement avec l’été, cette saison tant attendue pour passer du bon temps à l’extérieur ! (Crédit photo : peter severin kroyer painting: Marie in the garden)

Lire au jardin, une belle idée mais…

D’abord notre jardin aujourd’hui n’est pas plaisant : la terre est retournée, les déchets verts s’amoncellent…
J’ai pourtant tenté plusieurs fois de m’installer à l’ombre avec un livre mais ce n’est pas idéal : un peu trop de chaleur, je ne trouve pas la bonne position pour lire, un coup de vent qui veut tourner les pages à ma place, là un butineur ou des petites bêtes d’orage qui viennent me chatouiller… non, c’est agaçant et cela gâche une lecture pourtant bien choisie ! —Assurément, il faudra concevoir un VRAI coin lecture dans le jardin adapté aux livres anciens… idée à creuser ^^—
Alors je me retranche à l’intérieur, en fin de journée pour poursuivre le texte.
Cette année j’ai concilié été et lecture en m’attachant au « Spectacle de la Nature » : je peux donc travailler au jardin dans la journée et poursuivre le soir en retrouvant les observations du jeune « héros » du livre et de ses savants compagnons. Cette association est parfaite pour cette première année passée à la campagne : la lecture m’ouvre les yeux sur ce nouvel environnement et sur ce qu’il pourra nous donner en satisfaction lorsque nous en aurons terminé avec le défrichage…

Les papillons de jour – une des planches de l’édition de 1764, Paris, chez les Frères Estienne

Canicule ou sécheresse… du porte-monnaie

Il faut dire aussi qu’organiser des vacances l’été rogne une bonne part du budget :/
Même sans faire de folies, se déplacer, se rafraîchir, se loger nous prive de futures acquisitions ! Je trouve le coût des vacances d’été excessivement élevé surtout s’il faut se priver longtemps après. Par ailleurs, aux dépenses occasionnées par notre nouvelle « maison des livres anciens » ne viendront pas s’ajouter celles d’un dépaysement somme toute arbitraire. Cette année, c’est la langue française du XVIIIe siècle qui me transportera immanquablement 😀 et qui m’inspirera de nouveaux sujets pour nous divertir.

Le doux zéphir de l’amitié

Et puis l’été c’est aussi une séparation temporaire avec vous qui partez en vacances, à tour de rôle, et qui — je l’espère — déconnecterez vos appareils numériques 😀
Alors avant que vous ne soyez déjà bien loin, je vous souhaite d’excellentes vacances !
Quant à moi, je serai présente et fidèle au poste toute la saison ce qui, pour une fois, n’est pas pour me déplaire !

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Commentaires

  • LM
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    L’été est un moment particulièrement délicat pour les livres et estampes anciens. Je me demande comment on faisait autrefois pour que ces documents soient le mieux possible conservés. Quelles étaient les règles à suivre pour qu’ils ne souffrent pas de la chaleur, de la sécheresse, de l’humidité, des insectes etc. ? Aujourd’hui il y a la climatisation… mais je rêve de pouvoir m’en passer ! S’il y a des gens qui savent comment faire pour installer une bibliothèque dans les meilleures conditions ‘à l’ancienne’, cela m’intéresse !!!!!

    • Celine Essentiam

      😀 à l’ancienne ! oui mais…

      Autrefois les maisons respiraient ! Pas d’isolation hermétique comme l’imposent les nouvelles normes de construction, pas de surexposition à des lumières artificielles, et :
      – au XVIIe et XVIIIe siècles : du papier de chiffon et des cuirs de qualité, qui ont résisté et résistent encore assez bien aux pollutions modernes
      – au XIXe siècle : des papiers et cartons acides qui ont mal supporté le CO2 du chauffage au charbon
      Ce sont ces derniers livres et documents graphiques qui sont les plus fragiles et les plus difficiles à conserver.

      En outre, autrefois les possesseurs de livres étaient assez fortunés pour disposer d’un personnel domestique qui tenait bien propre la maison (poussière !)
      Les bibliothèques étaient en bois, un matériau qui joue dans la régulation de l’atmosphère, en fonction de l’hygrométrie au rythme des saisons (comme un buvard il se charge du trop plein d’humidité et la restitue lors des périodes sèches)

      Alors que faire aujourd’hui l’été « à l’ancienne » ?

      Tirer les rideaux ou les volets à l’espagnolette pendant la journée pour ne pas faire entrer la chaleur, comme la semaine dernière… On met tout à l’ombre 😀 !
      Ouvrir les fenêtres en grand de bon matin pour aérer et changer l’air.
      Fermer les fenêtres le soir et durant la nuit pour que les insectes n’entrent pas attirés par la lumière.
      Et pour les estampes, on peut les ranger dans des boites de conservation, ou de simples pochettes en papier neutre en pliant une feuille en 2. Les papiers Canson ont une gamme « patrimoine » voir ici : http://fr.canson.com/patrimoine/canson-papiers-de-conservation et on en trouve là par paquet de 10 feuilles.

      Nous sommes en région tempérée, les épisodes de grosses chaleurs sont courts, il ne faut pas trop s’en inquiéter. Ce sont surtout les changements brusques qui sont à craindre.

      A Paris c’est compliqué… la sensation d’étouffement est trop forte pour se cloîtrer ainsi ; s’il a des inconvénients le système de climatisation reste un bon moyen de se prémunir des fortes variations.

  • RADIUM
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    Hello, new gentlewoman farmer

    J’ai la chance, moi aussi, de vivre a la campagne à la ville : disons que j’ai un jardin d’une surface qui me permet d’être isolé des activités humaines tout en résidant en banlieue parisienne. Les abeilles, les papillons, tous ces insectes vous poussent a ouvrir votre fameux bouquin de Darwin et vous assoir sur le vieux banc a l’ombre du saule pleureur .
    Votre article « lire au jardin… »m’a bien amusé car on ressent tout de même dans votre agacement de la nature qui vous entoure et qui perturbe votre lecture, ce côté citadin ou le côté « fleur de peau » ne permet pas la sénérité de « nager » avec la nature qui vous entoure. Ce n’est pas un don d’être en osmose avec cette végétation et ses habitants, c’est juste une habitude. Le temps va y remédier (ça va vite).Déja s’arrêter de cavaler demande un certain temps, alors respirer en demande un autre. Et puis l’interêt du livre y est pour beaucoup. Je pourrai lire Salammbô sous la douche !
    Pour ma part la conservation de mes livres passe par la pénombre, j’essaie le plus possible d’éviter toute source de lumière dans la pièce ou mes livres sommeillent.Fenêtre ouverte pour la respiration et volets clos pour la pénombre .Bon nombre d’entre nous n’a pas la chance de posséder une grande cave tempérée et pas trop sèche.Et puis pour moi un livre c’est vivant, il faut l’ouvrir, le feuilleter, ça l’aère, un peu comme un vin qui demande qu’on s’occupe de lui .L’abandon détruit les choses. Voila qui fera sourire, mais certains horticulteurs mettent de la musique a leurs plants, alors je ne me sent pas si ridicule .En écrivant ça je pense : pour les vacances ..une garderie ? ..lol.

    cdt

    cdt

    • Celine Essentiam

      😀 c’est vrai ce côté citadin ! mais ça va venir ! Le véritable et profond agacement c’est que mon jardin est moche moche moche :/ il a été abandonné pendant tellement d’années que nous devons tout retourner. Et les petits coins que j’ai réussi à aménager sont privés d’ombre, donc lire au jardin 2015 non merci 😀 !
      Oui la pénombre est une bonne alliée, d’où ces magnifiques ambiances feutrées des belles bibliothèques…

  • LM
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    Merci Céline pour ces conseils.
    Concernant le papier sans acide et les boîtes de même je me fournis chez http://archivbox.com/ en Allemagne. C’est moins cher bien que les prix ont augmenté.
    Pour les plantes, personnellement j’aime beaucoup les sauvages. Je pense que toutes les personnes qui ont un jardin depuis peu devraient le regarder pendant une année avant de le toucher afin de repérer les variétés, se renseigner sur leurs propriétés etc. Les plantes sauvages ne sont pas là par hasard. Elles sont faites pour le lieu, en harmonie avec lui. Si on le bouleverse les insectes ne sont pas contents… et on passe à côté d’un enseignement très fin et profond. Personnellement je crois que les plantes qui poussent à nos pieds sont les remèdes dont nous avons besoin. La nature se lit comme un livre… dont Il est nécessaire de connaître la langue bien sûr.
    Je te souhaite de bons moments dans ton jardin en cette période estivale !

    • Celine Essentiam

      <3 Richard, ton commentaire me touche positivement et calme cette impatience qui me caractérise ! J'ai relevé quelques sauvages, ou du moins quelques plantes installées que je vais laisser ou contenir, d'où la lenteur du désherbage :
      - les fraises des bois : elles s'étaient installées devant la porte d'un débarras et nos piétinements les ont dérangé, alors elles se sont déplacées (les oiseaux ont fait du bon travail). Elles s'étendent à toute allure et seront un couvre-sol idéal, car je ne voudrais pas de gazon.
      - le gaillet : une espèce de liane qui s'accroche aux vêtements… je l'ai enlevé, alors qu'il est réputé pour soulager les douleurs des reins (en infusion).
      - la chélidoine : il y en a partout, y compris sur les murs. Une plante surprenante. Quand on veut l'ôter sans la connaître, sa sève et ses racines orange fluo brûlent la peau. Cette sauvage se cultivait dans les jardins des abbayes, elle soigne entre autre les verrues en appliquant sa sève dessus. J'ai laissé des pieds le long des murs de pierres, elle fait des petites fleurs jaunes.
      - les orties… un réseau énorme sur plus de la moitié du terrain. Je n'ai pas terminé de les retirer, il en restera toujours "assez" dans la haie
      - quelques ampelopsis, dont une installée idéalement sur un mur! j'ai hâte de voir si elle rougit cet automne. En retirant les orties j'ai vu d'autres pieds dans le sol. Là aussi, peut-être une bonne alternative au gazon (?)
      - myosotis ! beaucoup un peu partout :)
      - du lierre en quantité ! un pied énorme que nous avons du mal à supprimer et qui a achevé de détruire la moitié du toit de l'atelier :/ beaucoup de lierre sur le sol et sur les murs.
      - liserons
      - et une petite plante toujours non identifiée qui se loge entre les grosses pierres des murs façon rocaille…
      plante non identifiée dans mur en pierres
      Voilà pour l’instant ce que j’ai pu repéré :)

      Le gros bouleversement au motoculteur a été fait pour l’invasion des bambous des voisins (environ 70 m2 couverts de bambous). A cet endroit j’aimerai un petit potager, mais il est très difficile d’empêcher les bambous de repousser. Il faudra contenir le pied mère et repasser le motoculteur. Ils ont tellement occupé cette parcelle qu’aucune autre plante n’a pu s’y installer.

      Côté arbres, quelques contrariétés : un magnifique érable, d’environ 15/18 mètres de haut (30 ans d’âge) dans une haie. Il n’est qu’au tiers de son volume, c’est-à-dire complètement disproportionné car il couvre déjà tout le jardin voisin… Un autre plus petit d’environ 5 mètres de haut et plusieurs bébé érables… nous sommes ennuyés car le bon sens doit nous les faire couper.
      Des lauriers énormes, vieux qui eux aussi étouffent les limites du jardins…

      Tout cela me fait comprendre qu’il faut reconstruire petit à petit, en prévoyant des remplaçants aux plants à supprimer et en s’inspirant des conseils amicaux !
      Merci Richard !

  • LM
    Répondre

    Oups, désolé j’ai oublié le subjonctif dans mon message !

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Je ne suis pas en ligne, laissez-moi votre message, je vous réponds dès mon retour. Céline Essentiam.

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