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Naissance d’une nouvelle papeterie artisanale

La querelle des anciens et des modernes, qui compte encore ses adeptes, va peut-être (enfin !) définitivement apparaître comme un leurre, une fausse route, un non-débat après la lecture de cette belle aventure que nous offrent depuis plus d’un an Laurence et Bruno Pasdeloup.

Une passion commune + une petite graine d’audace…

Ce jeune couple créatif, issu du monde de la communication et du tourisme a tout simplement décidé de lier sa passion du papier à son activité : Laurence et Bruno projettent depuis plus d’un an de créer une papeterie artisanale. En d’autre terme, ils changent de vie, se forment aux techniques des maîtres papetiers, et vont judicieusement utiliser les nouvelles technologies pour réaliser leur papeterie.

Et c’est ainsi que j’ai découvert leur projet sur Twitter, le réseau d’informations par les utilisateurs. Leur papeterie, à ce stade, n’est qu’un embryon qu’il va falloir protéger et faire grandir pour le mener à bon terme.

sur-twitter

La stratégie de Bruno a consisté à employer les moyens les plus « modernes » au profit des savoir-faire les plus « anciens ». Rien n’est joué d’avance ! Malgré l’enthousiasme et la passion, il manque à peu près tout : il faut trouver un lieu pour s’y établir, il faut des moyens financiers pour acheter le matériel, une cuve, une presse, une pile hollandaise…

Bruno songe alors au crowdfunding (financement participatif) et inscrit fin Avril son projet sur la plateforme « kisskissbankbank » l’objectif est de réaliser une collecte dans un temps limité :

Aidez-nous à installer notre papeterie artisanale : un lieu de production, d’échanges et de transmission autour du papier « fait main »

Telle est l’accroche, on ne peut plus simple et claire, qui sonne comme un défi à relever ! Les promesses de dons arrivent et l’information est reprise dans la presse et sur les réseaux internet. Les contacts se créent… et l’embryon devient foetus.

Le temps de la gestation

Faut-il être sain d’esprit pour croire à la réalisation d’un tel projet ? 😀 Certainement ! Car bien qu’encore imaginaires, la papeterie et le papier chiffon commencent à exister dans l’esprit du public qui découvre et qui suit l’avancement du projet.

J’ai demandé à Bruno s’il n’y avait pas eu quelquefois des moments de découragement :

  • [Bruno Pasdeloup :] Pas de découragement, non. Mais plein de questions, d’interrogations… La papeterie artisanale étant quasiment disparue aujourd’hui, il a fallu s’interroger sur certains points très techniques, liés aux fibres pour fabriquer notre papier, à l’encollage, etc. Alors, nous nous sommes plongés dans des vieux livres traitant du papier, parfois vieux de plusieurs siècles, avons rencontré les quelques artisans-papetiers en activité… C’était un peu un travail d’archéologue, pour trouver ce qui se faisait jadis, et la meilleure solution à adopter aujourd’hui pour rester dans le côté artisanal, tout en respectant le passé, et en ayant toujours comme leitmotiv de créer un papier de qualité. Nous avons toujours eu à cœur de ne pas nous laisser aller dans le folklore, en jouant sur le côté retro (le côté « papier comme au moyen-âge », qui relève plus du marketing à touriste que de la réalité) : le papier, même artisanal, ne doit pas être un objet poussiéreux ! Nous avons beaucoup à apprendre des anglo-saxons de ce côté là, qui travaillent le papier de façon plus audacieuse qu’en France, de façon générale. Nous avons également interrogé des relieurs, des restaurateurs de manuscrits… C’était très instructif, et ce n’est pas près d’être terminé ! Un métier comme celui-là exige de toujours se remettre en question, d’innover … Le papier est pour cela un support extraordinaire et une inépuisable source d’inspiration.

Cette papeterie, Bruno et Laurence l’imagine bien vivante : ils rêvent d’un lieu où le public sera au cœur de la fabrication et de la transformation du papier. « Lever le mystère » et jouer la transparence pour montrer comment on fabrique aujourd’hui le papier artisanal. Il ne s’agit donc pas d’un musée où l’histoire s’est figée, mais d’un lieu où l’innovation ne contredit en rien la façon. Un lieu où les maîtres papetiers du XVIIIe siècle se sentiraient bien chez eux aujourd’hui, un lieu vivant au rythme des caprices de la pâte à papier et aux questionnements des visiteurs… un lieu où chacun participe à la vie de la papeterie.

Du rêve à la réalité

  • [Bruno Pasdeloup :] La création d’une entreprise en France est un parcours du combattant, mais ce qui nous a fait tenir au final, c’est l’engouement autour de notre projet, exprimé par nos amis, les spécialistes du papier, et de façon générale tout ceux qui ont pris connaissance de notre projet. Être deux dans cette aventure est également un sacré avantage !

Aujourd’hui le site est trouvé et le projet a un nom : La Papeterie de Pérouges ! Dans quelques semaines, Bruno et Laurence vont s’installer à Pérouges, une jolie cité médiévale (dans l’Ain) et vont mettre toute l’énergie nécessaire à l’installation de leur papeterie. :) Car si internet est un outil merveilleux, il ne fait pas tout ! J’ai demandé à Bruno s’il pensait que la réalisation de cette entreprise artisanale aurait pu se faire sans internet :

  • [Bruno Pasdeloup :] Oui, ce projet aurait tout de même vu le jour sans Internet, mais cela aurait été plus difficile. Il est vrai que les artisans-papetiers n’ont en général pas le réflexe d’utiliser les nouvelles technologies pour communiquer. Du coup, ce savoir-faire reste largement méconnu. Comme Laurence et moi venons du monde du tourisme et de la communication, c’était une évidence de « faire parler » du projet le plus largement possible. Déjà pour prendre connaissance du « marché » autour de notre activité (le réseau social Linkedin fut à ce sujet très efficace, et nous a permis de trouver des contacts aux 4 coins du monde chez les professionnels du monde du livre et de l’écrit), et ensuite pour montrer que des jeunes se lancent encore dans ce type d’aventure.
    Le financement participatif nous a permis de constater que des gens aux profils très divers nous soutenaient et ça à été un bon moyen d’impliquer nos soutiens autour de la création de notre entreprise.
    Nous comptons continuer de communiquer largement sur internet, même après la création de la papeterie, afin d’élargir notre réseau, et sensibiliser le plus largement possible le grand public à cette belle activité artisanale.

Nous aurons le plaisir de voir se concrétiser toutes ces idées, ces réflexions et ces techniques anciennes in situ en Mai 2015, à l’ouverture de la papeterie. En attendant, l’aventure continue…

Le site internet : Papier artisanal
et sur les réseaux : Facebook et Twitter

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Commentaires

  • Luisa
    Répondre

    Bonjour Céline
    Merci de partager cette merveilleuse aventure! Je souhaite toute la chance à ces deux entrepreneurs, dans un métier si beau!
    Je souhaite aussi pour vous un joyeux Noel et une année 2015 pleine de bonnes choses!
    Luisa

    • Celine Essentiam

      Joyeux Noel Luisa ! Nous aussi leur souhaitons de vivre heureux dans leur papeterie :)

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Je ne suis pas en ligne, laissez-moi votre message, je vous réponds dès mon retour. Céline Essentiam.

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