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Quel monde après les livres ? [2]

Habitués comme nous le sommes à tout voir dans les livres, à suivre avec les yeux cette forme muette et fixe de la parole que nous ne pouvons écouter qu’en nous, dans notre entendement, éveiller sa musique en un second écho dont notre oreille ignorera toujours l’original, nous avons peine à imaginer que durant la plus longue partie de l’histoire humaine, et sous tous les soleils, la parole parlée a maintenu sa plénitude et sa prééminence de verbe vivant, a fait résonner et retentir tous ses registres créateurs pour évoquer le dicible et l ‘indicible, puisqu’elle était l’écho premier et le seul véhicule de la pensée. Passant ainsi de bouche en bouche et de génération en génération, n’ayant d’autre grammaire que le coeur et l’esprit, vivant avec la vie et respirant avec le souffle de chacun, la tradition orale a porté sa lumière à travers la famille humaine pendant des millénaires, enrichissant ici et appauvrissant là son expérience faite de chair et d’âme, chargeant son éloquence ou la purifiant avec la circonstance et selon le moment. […]
Magicienne danseuse et musicienne enchanteresse, la parole vivante ne devait être couchée dans le cercueil rigide de l’écriture qu’après sa mort, exactement de même qu’un fait n’appartient à l’Histoire qu’à partir du moment où il est révolu : autrement dit, après sa mort. […]
Les paroles s’envolent mais l’écrit reste, dit l’adage consolateur ; l’esprit, pourtant, souffle où il veut depuis toujours…

Extrait de la préface de : Le livre des mille et une nuits par Armel Guerne, 1966

C’est terrible de lire ce magnifique texte, éloge de la parole, alors que l’on s’interroge sur l’avenir des livres. Pourtant, il faut admettre que l’objet de notre passion, le livre, n’est pas parfait pour contenir tout ce qu’un homme voudrait donner à un autre…
Revenons à notre sujet.

1) Une culture pour tous

En admettant les diverses éventualités qui nous mèneraient dans un monde sans production de livres (voir la première partie de cet article), essayons d’imaginer quelle forme pourrait prendre le successeur du livre qu’on va appeler ici Metabook.

Vous noterez que j’ai choisi un mot à consonnance anglo-saxonne que n’importe quel individu de la planète doit pouvoir comprendre, Metabook, « au delà du livre ».

L'esprit de Guy PatinCar « l’inconvénient » de la littérature (et donc de son support qu’est le livre), c’est qu’elle véhicule une culture qui peut ne pas être comprise par tous. Au XVIe siècle déjà, les auteurs « humanistes » ont dû faire l’effort de traduire le modèle de vie emprunté à l’Antiquité et de le transposer à la culture et dans le langage du temps. Sans parler des traductions qui viennent ajouter des difficultés et des débats sur les interprétations… [J’ai apprécié à ce sujet la lecture de « L’Esprit de Guy Patin » 1713, où l’auteur critique une multitude d’ouvrages mal traduits, notamment les poésies latines qui perdent toute leur essence dans la traduction française…].

Plus simplement, il est difficile d’apprécier pleinement un auteur étranger sans connaître sa langue ni son environnement culturel.

Bouleversant les limites des échanges entre individus (1,7 milliard de personnes connectées au réseau Facebook par exemple), le numérique a fait naître une culture mondiale, avec son langage, ses nouveaux « mots » ou abréviations pour pouvoir se comprendre, « app » « irl » « yuccie » (voir le jargon ici), son Uberisation, sa disruption, son nomadisme, etc.

Pour détrôner le livre, le Metabook devra être le véhicule de cette culture numérique au détriment des cultures « sur papier », des cultures identitaires, comme l’écrit fut le tombeau de la transmission orale.

2) Un Metabook ultra-rapide

Puisque le frein principal à la lecture de livres aujourd’hui est le manque de temps (plus de la moitié des lecteurs aimerait lire davantage de livres. Le manque de temps est évoqué par les trois quart d’entre eux (73%) comme frein à la lecture, étude IPSOS 2014) le Metabook devra d’abord et avant tout résoudre ce problème et s’approcher de l’immédiateté recherchée par les utilisateurs.

Etrange réalité pour les lecteurs : d’un côté l’accès immédiat à d’innombrables sources en ligne fait « gagner du temps » en supprimant la recherche physique, et de l’autre nous n’avons plus le temps de lire. A quoi sert de faire entrer 1000 livres dans un appareil si l’on n’a pas le temps d’un lire au moins 1 par an (pour être considéré comme un lecteur) ?

Il faudra qu’un Metabook agisse donc comme un flash ? Quid de la nature du livre, du temps de son écriture, de l’entendement du texte ?

a) les livres actuels pourront-ils être réédités dans ce Metabook ?

Que pourrait donner en Metabook « A la recherche du temps perdu » ? Une sensation forte refaisant vivre à l’utilisateur sa vie à toute allure ? Comment contracter l’esprit de Marcel Proust sans le trahir en traduisant en un langage différent, en une forme différente la lente écriture de l’écrivain et la lente appréciation du lecteur d’une telle œuvre ?

Vous me direz que la démarche est la même pour transposer une œuvre littéraire en film cinématographique. Seulement même si un film rencontre du succès, il ne prétend pas être garant de la pensée de l’auteur et remplacer l’original. C’est plus le public qui peut faire cet amalgame, en supposant connaître le livre parce qu’il a vu le film 😀 !

On peut aussi revenir sur les volumens de l’Antiquité réédités dans les codex. Quelle garantie avons nous de la fidélité de la pensée antique, si par essence les volumens étaient écrits et ré-écrit de mémoire ? Entre les copies et les traductions, comment savoir si L’Odyssée n’est pas quelque peu éloignée de l’original ?

Le livre, même avec ses imperfections, ne peut pas évoluer. C’est en cela qu’il fut une innovation. Je vous conseille la lecture de cet article « Le livre est comme la roue« , sur le blog De Natura Libris.
Dans son histoire, le livre a changé, il s’est socialisé mais la page est restée la même. S’il était destiné autrefois « aux riches » et qu’aujourd’hui il est accessible « à tous », ce n’est pas qu’on a enrayé la pauvreté, c’est qu’on a dévalorisé le livre, dans ses matières puis dans ses contenus. Car si son contenu peut parfois être bien pauvre, il reste néanmoins coincé dans les règles de la page.

b) les nouvelles créations

Ecrire un livre est conditionné par la structure du livre, nous l’avons évoqué dans la première partie. La page cadre la pensée et l’histoire se déroule dans un ordre établi par la forme du livre. Casser cette convention suppose une autre démarche plus proche d’une conception que d’une écriture. Un peu de texte ? du son, des images, des odeurs, des hologrammes, voire une immersion en réalité augmentée que notre cerveau et notre système nerveux réceptionnerait en quelques minutes, orchestré par un meta-écrivain dirigeant une équipe pour exécuter son oeuvre. La communication verbale que définit la littérature devra laisser la place à la sensation, au ressenti, au subjectif, à ce que la parole parlée pouvait véhiculer…

2) Des Metabook sur-mesure

Allons plus loin…
A quoi servent les metadonnées ? Elles référencent 1 élément par plusieurs critères, par exemple cet article peut être référencé par sa nature, sa date de mise en ligne, sa sémantique, le nombre de ses affichages, mais aussi par son auteur qui laisse une multitude de traces sur internet (messagerie, réseaux sociaux, achats en ligne, centres d’intérêts, etc…).

Je laisse de côté le point de vue éthique du big data pour ne m’intéresser qu’au point de vue « économique et culturel » de notre sujet 😉

En gérant correctement les meta-données, on peut faire une espèce de portrait fidèle d’un comportement humain (social, sanitaire, intellectuel, sexuel…). C’est ça la base du numérique, ce n’est pas qu’un écran.

C’est ce qui explique la réussite du site internet Amazon qui, par exemple, affiche une page d’accueil correspondant aux goûts (au profil) de ses utilisateurs. Lorsque vous créez un compte sur Amazon pour acheter quelque chose, vous laissez des traces par votre navigation et les logiciels sont capables de comprendre ce qui vous intéresse, ils savent ce que vous avez regardé, et calculent ce qu’Amazon pourrait vous proposer en comparant vos données à celles de leurs autres clients. Lorsque vous retournez sur le site Amazon, la page d’accueil que vous verrez affichée sur votre écran aura été conçue spécialement pour vous.

L’argument commercial est d’être au plus proche de vos attentes. Le rêve !

En ce qui concerne les livres, et pour comparer votre profil à des profils de lecteurs, Amazon a racheté en 2013 le site internet « Goodreads », un site créé pour les lecteurs faisant des recommandations et des critiques de livres. Ainsi, en combinant les avis et les recommandations des utilisateurs du site Goodreads, il est devenu possible aux logiciels d’Amazon de recommander automatiquement des ouvrages qui pourraient vous intéresser, comme le faisait autrefois le bon libraire spécialisé de votre quartier.

Librairie Ancienne et moderne Pierre Lemallier - Gallica.

Librairie Ancienne et moderne Pierre Lemallier – Gallica.

Mais ce n’est pas tout :

Toutes ces données collectées permettent non seulement de vous proposer des produits qui existent mais aussi d’en fabriquer sur mesure ! C’est le cas déjà avec les séries TV : En diffusant un catalogue de séries TV à ses utilisateurs, Amazon croise des informations (qui regarde quoi, etc…) ce qui permet de savoir quelle série pourrait séduire un large public, quel serait le sujet idéal, le scénario, les acteurs… En produisant des films sur les critères collectés par une gestion de données, Amazon est certain de répondre aux attentes clients 😀 C’est désormais chose faite (aux Etats-Unis).

C’est dire que l’on peut déjà envisager de créer des metabook sur mesure, personnalisés. Quid de l’originalié d’une oeuvre ?

3) Les Meta-lecteurs

Lire un livre signifie connaître et comprendre les mots de notre culture, l’étymologie. Il y a un rapport entre lire et écrire.
Et l’apprentissage de la lecture était intimement lié à celui de l’écriture. B. A. BA. La méthode dite globale déstructure ce rapport, en revanche elle convient parfaitement à la culture numérique. Le projet de suppression de l’apprentissage des langues anciennes (latin et grec) vient enfoncer le clou, même si certains s’en amusent

Lire un livre implique d’assimiler une chronologie, avec un début et une fin. Où se trouve le début, le milieu et la fin sur internet ? Pourquoi enseigner aujourd’hui l’Histoire chronologiquement ?

Lire un livre demande un effort de concentration et de mémoire. Abandonner ou perdre concentration et mémoire ne favorise pas « le terreau de la pensée » (https://lejournal.cnrs.fr/articles/le-numerique-nous-fait-il-perdre-la-memoire).

Qui seront les meta lecteurs ? Que sait-on d’eux, si ce n’est qu’ils manquent de temps pour lire des livres, qu’ils sont connectés, qu’ils ont accès à tout, qu’ils sont mobiles, sur le Cloud… Ils communiquent et sont créatifs grâce aux « apps » somme toute extraordinaires… Ils confient leurs notes, leurs commentaires, leurs pensées, leurs prises de rendez-vous, à un assistant virtuel censé leur faire gagner du temps… Quel succès ces « apps » d’aide mémoire ! Un des meilleurs logiciels d’aide mémoire et d’organisateur de projet, « Evernote« , donne le ton par son slogan : « capturez vos pensées » comme s’il était déjà acté que nos pensées nous échappaient :)

Alors oui, un Metabook envisagé comme un flash, une sensation, peut être compatible avec ce type de population dont la pensée est extériorisée quelque part sur un appareil. L’acquisition d’un savoir, d’une connaissance n’aura plus de sens du reste, puisqu’il sera bien difficile d’intérioriser quoi que ce soit et que les conventions disrupées n’ont plus que faire.

4) Un seul Metabook pour tous ?

Un aspect de la culture numérique a ne pas négliger, le travail collaboratif >> Wikipédia, l’encyclopédie. Pourquoi ne pas envisager un seul metabook ? Un metabook sans fin où chacun viendrait l’augmenter et puiser dedans.

5) L’anatomie du Metabook

C’est ici qu’il me faut faire un effort d’imagination car jusqu’à présent je me suis contentée d’assembler des faits bien présent dans notre IRL 😀

Mais la dématérialisation et les meta données me perturbent…

Alors j’imagine un objet multifonctionnel, une espèce de casque pour permettre à l’utilisateur d’être immergé dans son « metabook ». Ce casque pourrait en outre lui fournir bien d’autres services : voyages, réunions, shopping, consultations médicales, tout cela sans bouger de chez lui ou plutôt où qu’il se trouve.

Mais la plus grande difficulté que je rencontre c’est de deviner quelle sera la place du hasard, le sens de la vie, quelle dimension nouvelle l’Univers va-t-il prendre ?

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, au salon Mobile World Congress à Barcelone, dimanche 21 février 2016. Facebook/Mark Zuckerberg

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, au salon Mobile World Congress à Barcelone, dimanche 21 février 2016. Facebook/Mark Zuckerberg

Je me demande si l’échec de l’explication de l’Univers par la philosophie Antique, puis par la raison et par les sciences n’est pas la cause profonde de ce grand chamboulement qu’apporte dans nos vies quotidiennes et dans nos raisonnements le numérique ? Sinon pourquoi sommes-nous devenus si acteurs, si complices, si opérationnels de cette nouvelle culture sans être animés par la quête d’une Vérité ailleurs que dans notre culture présente ?

————–

Conclusion de cette deuxième partie :

J’ai eu la désagréable surprise de découvrir que « mon » Metabook existait déjà ! « Metabook is the new digital reading experience for iPhone and iPad ». Voir cet article (en anglais) paru il y a un an : Is Metabook the Next Evolution of the Book ?  Ainsi cette tentative de projection n’est même pas fantaisiste ! C’est dire à quel point je n’ai pas encore pleinement conscience des bouleversements en mouvement dans tous les domaines, social, politique, économique, spirituel, culturel…

Quoi qu’il en soit, la « révolution numérique » c’est une culture qui fait place à une autre. Peu importe la forme, la diffusion, l’utilité de la chose qui véhiculera cette culture, on comprendra simplement que le cadre de la page d’un livre ne peut plus convenir à cette nouvelle façon de vivre et de penser.

Le numérique reste pour « nous autres poissons dans l’eau des pages », un outil extraordinaire et fantastique. C’est déjà beaucoup. Et il faudra encore laisser passer du temps avant que n’apparaisse la forme indiscutable du nouveau vecteur de cette culture, en attendant allons lire un peu… et demandons nous plutôt si la civilisation numérique pourra servir le patrimoine écrit ? Et les livres anciens dans tout cela ?

Une troisième partie pourrait bien voir le jour…

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Commentaires

  • Naturalibris
    Répondre

    Merci d’avoir eu la gentillesse de me citer. 😉
    Dans l’article de mon blog je soulevais les deux plus qu’apportent à mon sens le numérique : l’interactivité et l’hypertextualité. Je m’imaginais alors un métalivre dont la lecture ne serait plus linéaire mais arborescente, à la façon dont nous parcourons le web.
    Le lecteur choisissant de parcourir une branche ou de sauter de branche en branche. Tache ardue pour l’auteur qui devra apprendre à mettre en réseau ses histoires et créer un univers immersif.
    L’oeuvre de Tolkien est à mon avis ce qui ressemblerait le plus à un métalivre, on peut bien sur y suivre l’histoire de Bilbon, mais aussi indépendamment y apprendre l’elfique, la mythologie et la cosmogonie, l’artisanat nain…
    La Bible, les mythologies grecques, DC comics dans un sens, sont aussi des métalivres…
    A terme de tels métalivres seront de trop grosses productions pour un seul auteur et on peut imaginer qu’il s’agira alors de travaux massivement collaboratifs. Plus d’auteurs mais des collaborateurs coordonnés par des directeurs de collections qui s’assureront que chaque branche soit cohérente avec l’ensemble (c’est le fonctionnement des séries TV actuellement)…. ça donne presque envie de s’y mettre ! 😉

    – Par contre je suis en désaccord avec votre point 5). La raison n’échoue pas à expliquer le monde, mais le discours de la raison devient difficilement audible quand on constitutionnalise le principe de déraison.

    – La bibliophilie est un univers à mon avis à part, elle est une pure quête de sensualité, justement une résistance aux métadonnées. Et je me permet de me citer encore : http://blog.naturalibris.fr/index.php?post/2012/09/11/Ebook-La-chance-du-bibliophile-%21-%E2%80%93-II

    Merci d’alimenter nos réflexions sur ces sujets ! :)

    • Céline Essentiam

      Très belle image de la construction du metalivre avec Tolkien ! Ainsi peut-être même sans nous en rendre compte, nous écrivons le grand meta-livre du livre <3 !
      Je vous rejoins parfaitement dans votre 2è billet qui met le monde des livres anciens, de la bibliophilie à part. J'avais d'ailleurs participé aux commentaires dans ce sens.
      Maintenant sur l'explication du monde... je ne sais pas. Je trouve qu'il manque quelque chose à la raison...
      Merci pour votre judicieux commentaire !!! Et retrouvez le temps d'écrire sur votre blog Naturalibris !

  • PARIS-LIBRIS
    Répondre

    Bonjour,

    Passionnante réflexion sur le livre et son avenir. Merci. Les algorithmes envahissent notre quotidien et bouleversent nos habitudes et nous cernons encore mal les enjeux de l’agrégation de ces données. Il est toutefois une piste complémentaire qu’il faudrait peut être explorer. Les livres sont aussi de beaux objets et parfois même des oeuvres d’art. Je n’évoque pas les brochés contemporains mais les ouvrages anciens avec des illustrations rares et de belles reliures. Ceux là évitent les bouleversements annoncés car ils échappent à la technologie pour rester de merveilleux témoignages du talent des artistes qui les conçurent. Il y a peut être des pistes de réflexion de ce côté. Refaire du livre un bel objet et conserver en parallèle un large accès au texte à l’aide des technologies les plus sophistiquées.
    J’attends avec impatience la suite de vos réflexions.

    • Céline Essentiam

      Bonjour Paris Libris !
      C’est bien le goût et l’amour des livres qui ont conduit les bibliophiles du temps à faire confectionner des reliures magnifiques, ce sont eux qui ont créé « des modes » et des styles, eux qui ont donné aux artisans du livre de quoi se surpasser. Parce qu’ils étaient fortunés, ils donnaient à leur bibliothèques un luxe à leur image.
      Il y a encore quelques uns qui font relier leurs beaux livres, quelques productions de « livres d’artistes » mais bizarrement ces beaux livres semblent (j’allais dire déconnectés) isolés.
      Mais oui c’est une piste. Elle posera la vaste question de la sélection (les méta données pourraient peut-être bien nous être utiles). Intéressant sujet…
      Merci pour votre intérêt !

  • Pierre De WITTE
    Répondre

    Les paroles s’envolent mais l’écrit reste !
    Oui, mais pour élargir les frontières de la réflexion : Savez-vous que les pays d’Afrique centrale n’ont jamais développé d’écriture, mais que leur télégraphe de brousse était exceptionnellement ingénieux et pouvait parcourir plus de cinq cents kilomètres, bien avant l’invention du morse ou du téléphone portable.
    En effet le « lokolé », sorte de tambour à fente, découvert au Congo belge, que chaque village possède, permet de faire entendre deux tons, un aigu et un grave. Il permet de transmettre des messages très précis sur de longues distances, comme le décès de quelqu’un… avec son nom et son surnom ou si telle hutte a brulé, etc…
    Très tôt le matin ou tard le soir, on entendait le son à dix kilomètres et il était reporté plus loin encore.
    Amicalement
    Pierre 28
    http://www.dico-collection.com/articles/bd-africaine-1

    • Céline Essentiam

      merci Pierre pour ce rappel qui vient parfaitement illustrer nos propos !

  • Pierre De WITTE
    Répondre

    Voir plutôt à l’adresse :
    http://www.dico-collection.com/65279le-boy

  • RADIUM
    Répondre

    Bonjour,
    Je suis confiant dans l’avenir du livre papier, le support numérique c’est le partage des données (même romanesques), le support papier c’est la possession de l’objet et de son contenu. L’homme est plus possessif que partageur. Pour ma part je possède une liseuse et j’ai des difficultés à vraiment entrer dans les oeuvres que je lis. Il manque le poids de l’ouvrage , la sensualité à toucher un livre dont on aime l’histoire. Le livre c’est comme les voitures, on se passionne des galbes et de ce qu’il y a sous le capot. Un bon bouquin c’est une osmose avec l’histoire mais pas que ça . L’homme cavale , c’est vrai, mais ceux qui déclarent n’avoir pas le temps de lire sont souvent ceux qui passent des heures chaque jour à pianoter leur iphone. Et puis c’est optimiste pour les bibliophiles ce fait qu’ils trouvent une excuse pour ne pas lire…comme cacher une tare loll.
    Le numérique c’est top, il condense le savoir humain, nous le sert en self service, c’est une « branche » du livre papier. La photographie n’a pas remplacé la peinture, l’image n’a pas de préférés, l’imagination non plus. J’ai trouvé les conclusions de Céline un peu catégoriques car j’ai tendance a penser que le mariage papier et numérique est possible et même prévisible. La télévision n’a pas désintégré la radio comme les pessimistes le croyaient et la multitude de médias informatifs n’a pas encore tué la presse papier. Le péril n’est pas le support, le péril c’est l’inculture et la paresse qu’offrent ces supports aux générations : A quoi bon la culture générale ou l’école ? ya l’net et les calculettes pour cibler son information ! Mettre le savoir humain sous le joug de la fée électricité c’est aussi mettre les oeufs dans le même panier.
    Mais je reste optimiste.
    Merci de m’avoir lu (numériquement lol)

    Radium

    • Céline Essentiam

      Bonjour Radium !
      J’ai commandé la tablette Pro de chez Apple ! J’ai l’intention de me servir de cette petite merveille pour créer des contenus originaux pour ce site internet, et j’aurais ainsi la capacité d’analyser mon propre comportement.

      Votre réflexion est intéressante mais je suis là pour taquiner l’imagination de notre agréable communauté alors je vais essayer de vous taquiner un peu aussi au sujet de la possession et du partage.
      L’homme « du papier » est plus possessif que partageur, oui !
      Mais l’homme du numérique, NON car la culture numérique pousse à la dépossession :
      >> soit qu’on ne produit que des choses immatérielles qu’il faut stocker sur un disque ou un « nuage » CLOUD. Il est difficile de posséder (et donc de transmettre) ses fichiers et ses données. Juridiquement c’est très flou…
      http://www.internetactu.net/2012/09/24/pas-de-numerique-en-heritage/
      http://www.journaldunet.com/management/expert/64465/preserver-son-heritage-numerique—comment-se-preparer-a-l-inattendu.shtml
      >> soit qu’on n’achète rien d’autre qu’un droit d’utilisation. C’est ça le « partage ». La consommation collaborative est entrée dans l’économie (covoiturage, coworking, peer-to-peer, colocation, achats groupés, etc.). C’est l’usage qui prime sur la propriété, sur la possession.
      La crise financière épuisant le monde du travail, réduisant « le pouvoir d’achat », il fallait bien qu’émerge un système pour pallier au manque à gagner. On consomme toujours, mais autrement.
      http://www.vie-publique.fr/actualite/dossier/rub1859/economie-collaborative-nouveau-modele-socio-economique.html
      Nous vivons une époque de transition qui met en lumière des cultures différentes. Le numérique conduit à « un mode de vie ».
      J’y oppose bien volontiers ce que m’inspire une bibliothèque garnie de livres anciens : « un art de vivre ».

  • RADIUM
    Répondre

    Bonsoir à tous,

    Oui , Dame Céline, ce fameux « mode de vie » qui oblige à devenir sélectif dans ses besoins. Que devient la culture générale dans ce contexte ? Ce nouveau mode de vie qui impose de ne savoir que l’essentiel du besoin du moment . Le livre arrive t’il à son apogée en devenant relique du savoir général ? Oeuvre d’art donc. Pierre De Witte donc , collectionneur (fameux) de dictionnaires devient le facteur Cheval du bouquin ? lol. N’oublions pas que le numérique c’est surtout le besoin du gain de temps , du tout et maintenant et surtout du besoin ciblé . Le livre c’est une relation, un objet de plaisir, une complicité avec une histoire , un auteur, une découverte ,un phare multiculturel et qui est assez cher mais que beaucoup acceptent l’effort financier pour le posséder.
    J’arrive à penser que la différence entre un utilisateur du numérique et celui du livre c’est le temps. Le numérique vous mâche le travail et vite , le livre respecte votre rythme et laisse place à l’imagination. Ouaip ! deux produits différents, donc je persiste dans mon optimisme . Et puis a t’on assez de recul pour prédire la longévité de tous ces supports ? …La bible de Nuremberg sur microfilm serait elle encore là aujourd’hui ? autre débat.Et je ne parle pas d’une I.E.M même accidentelle qui règlerai le problème rapidement (Impulsion électromagnétique capable de neutraliser tous les circuits électroniques existants).

    cdt

    (merci Pierre de tolérer mes frasques)

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Je ne suis pas en ligne, laissez-moi votre message, je vous réponds dès mon retour. Céline Essentiam.

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