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Vendre des livres anciens sur internet : une activité pas vraiment virtuelle !

Une boutique de livres anciens sur internet, qu’est-ce-que c’est ?

panierAu début de notre aventure internet en 2007 la principale difficulté était d’ordre technique : fabriquer une « boutique en ligne ». Tous les jours (précisément tous les soirs jusque tard dans la nuit) il était question d’informatique. Mes quelques notions de base (HTLM) n’étaient pas suffisantes pour réaliser notre souhait MAIS, et cela sans doute n’était-il pas un hasard, d’autres avaient imaginé que des gens comme moi allaient s’engouffrer dans « le Web-marchand » et avaient conçu des programmes « clés en mains », ou presque. Aujourd’hui la difficulté n’est plus technique, à part peut-être choisir parmi toutes les solutions « clés en mains » tant il y en a (Magento, Prestashop, OS commerce, Virtuemart … sans compter tous les modules liés à l’excellent outil WordPress).

Fin 2007, et hop ! Nous voici sur internet avec notre librairie en ligne… Vendre des livres « sur internet » consiste à rédiger des descriptions d’ouvrages, à photographier les livres et à déposer ses annonces sur son site internet, enfin à ranger le livre jusqu’à ce qu’il trouve acquéreur ; exactement comme dans le monde réel, quand les libraires éditent leur beau catalogue sur papier et disposent les livres en vitrine ou sur leurs rayonnages. Ensuite, toujours comme dans le monde réel, il faut se faire connaître (car on n’est pas tout seul sur la toile). Une boutique en ligne n’a donc rien de virtuel me direz-vous… c’est simplement une transposition du physique vers le numérique, avec des « moins » et avec des « plus ».

Ce soir je regrette de ne pas avoir eu l’idée de faire des photos d’écran pour vous montrer toutes les différentes formes de notre ancien site marchand… je pense notamment à tous mes modèles de paniers d’achat ! Un livre ancien dans un caddie super-marché… si cela n’était pas vraiment « virtuel », c’était complètement loufoque 😀 !

Bienvenue dans le monde virtuel

Poursuivons notre aventure internet… La fiche produit (description + photos du livre) bien en place sur notre site-marchand attend le « clic libérateur » ! Attendre, attendre…C’est long, beaucoup trop long… alors pourquoi ne pas publier cette fiche sur d’autres sites internet très fréquentés : les plate-formes de vente. Les plate-formes de vente sont des places de marché soit dédiées aux livres et réservées aux professionnels (Livre Rare Books, Abebooks…) soit des sites généralistes ouverts à tous (Ebay, Amazon, Price Minister, etc…). C’est cela le virtuel ! être partout à la fois, rue Henry Monnier, et « ouvert » 24h/24 partout ailleurs, dans le monde entier. Une idée virtuelle bien séduisante… et une idée 2 en 1 : être partout c’est se faire connaître en augmentant sa visibilité et c’est donc vendre plus ! Adieu frontières, adieu horaires, ce qui pour certains marchands s’est traduit par « adieu loyer et charges d’une boutique physique ». Car ça marchait pas mal… alors être partout, c’est aussi être nulle part ?

Cette technique « multi-diffusion » est bien connue du secteur immobilier et de l’automobile d’occasion, du tourisme également (chambres d’hôtes et gîtes), et a séduit de nombreuses entreprises marchandes dans de nombreux secteurs d’activité jusqu’en… 2010.

Le monde virtuel a des règles… bien réelles !

Déjà en 2010, et malgré la multiplication de mes « offres » sur la toile, nos résultats « internet » en termes de visibilité et de ventes ont commencé à baisser. Et les plate-formes (de vente ou d’informations) dont le fonctionnement ne repose que sur la quantité des visiteurs se sont inquiétées de voir leur nombre baisser du jour au lendemain !

Source image : reputationsquad.comSource image : reputationsquad.com

Et pour cause, Google venait de lancer une opération de nettoyage dans son moteur de recherche (ce qu’il fait constamment) mais d’une telle envergure qu’elle a traumatisé un grand nombre de professionnels du net : cliquez donc « May Day » dans google et voyez un peu les secousses produites par cet évènement… Récidives en 2011 avec « Panda » et en 2012 avec « Pingouin ». Le message du maître de l’internet est clair : on ne duplique pas son travail sur internet, quel qu’il soit (une fiche produit, par exemple), en d’autres termes on ne fausse pas les résultats de mon moteur tout puissant !
Alors que la 1ère page de Google (qui ne propose que 10 résultats non sponsorisés) est convoitée par des millions de sites internet, comment croire que le moteur allait laisser remonter sur sa « Une » plusieurs fois la même offre sous prétexte qu’elle provenait de sites différents ?

Autrement dit :  Pourquoi Google afficherait-il à un internaute qui tape « le titre de mon livre » dans son moteur les résultat suivants :

  • le titre de mon livre sur abebooks
  • le titre de mon livre sur amazon
  • le titre de mon livre sur livre rare books
  • le titre de mon livre sur ebay
  • le titre de mon livre sur mon site

Cela ne donne pas 5 résultats mais 1 seul en réalité. 😉

Ainsi la réalité aurait du « poids » sur internet ?

In fine, les plateformes de vente sont toujours en bonne place dans les résultats du moteur. Et les gros marchands ont corrigé leurs flux 😉 Le moteur Google ainsi nettoyé affiche sur votre écran des résultats de recherches en fonction de votre historique de navigation, car il sait tout de vous. Vous êtes « connecté » et entouré d’objets « connectés » : ordinateur, téléphone, maison, voiture, TV, jouets, jeux et la multitude d’objets à venir : bijoux, appareils ménagers, vêtements etc… qui vous pourriront la vie enverront des notifications, des informations, de la publicité, etc. et qui seront des indicateurs fiables pour Google. Si vous fréquentez régulièrement un site internet plutôt qu’un autre, Google privilégie sur vos appareils votre site préféré. C’est logique, n’est-ce pas ?

Bienvenue dans le monde réel !

Poursuivons nos observations et revenons en 2009/2010. Pendant que Google revoyait ses algorithmes et faisait son grand ménage de printemps, un autre phénomène est apparu, venant lui aussi perturber les croyances virtuelles et sur-naturelles à propos d’internet : leboncoin.fr dont la devise est « la bonne affaire au coin de la rue ! »

miniature (foire médiévale)miniature (foire médiévale)

Souvenez-vous, en 2009 Ebay avait même copié le principe du boncoin avec une carte de France et des annonces gratuites sectorisées… le coin, le quartier, le secteur… l’espace proche et réel !!!!
Même le très regretté Jacques LeGoff s’est penché sur ce phénomène : « Le site démocratise l’acquisition de produits dont une grande partie du prix peut être liée aux intermédiaires. Il propose un retour à la vie de qualité médiévale, avec convivialité et entraide. Il apparaît également très efficace sur le marché de l’immobilier, de l’automobile et de l’emploi, ce dernier point étant particulièrement important actuellement. » (pour en savoir + voir sur alternatives-économiques)

Dans le même sens (et en même temps) la multiplication des téléphones intelligents, les « smartphones et leurs applications » a encore modifié le comportement des internautes… Qu’ont-ils apporté de plus aux utilisateurs si ce n’est l’utilisation d’internet dans l’espace proche et le temps présent ? La géolocalisation : le traffic routier en temps réel, les radars sur mon itinéraire, la station-service la plus proche, le restaurant, l’hôtel, et même… les librairies de livres anciens autour de moi 😀 !!! En gros, la tendance est au « temps présent » (actualité) et à la « proximité » (espace réduit) ! Les nouveaux réseaux sociaux à la mode seront (et sont déjà) « de proximité »…

Toujours pour illustrer mon propos, nous avons été démarchés (ainsi que les commerçants de toute la rue) il y a quelques semaines par la Société FLEXKOM… qui invente une carte de paiement « connectée » avec bonus sur tout le réseaux de petits commerçants « Flexkom »… dans votre quartier et sur internet.

Des hommes et des objets connectés…

Balises, mots-clés, netlinking, webmobile, flux, spin, SEO… Tout ce tintouin-informatique pour en revenir au point de départ : les liens. Au moins une chose est certaine, qu’elle soit physique ou numérique notre activité existe par la relation que nous établissons avec nos clients ou nos lecteurs. Une relation déterminée par des liens de sensibilité, d’affection, de confiance, d’intérêt… Nous sommes liés autour d’un bel objet de passion ! C’est la seule information que je garde à l’esprit.

Ainsi, j’espère bien intégrer « internet » dans mon travail, l’utiliser pour ce qu’il est : un média. Ce n’est pas facile mais c’est indispensable. Je compte utiliser 1 voire 2 plateformes de vente, en séparant bien mes offres, sachant que ces plate-formes restent des zones « froides » où l’on ne communique pas. Etoffer le site actuel (qui est un site marchand, ne l’oublions pas) en choisissant les livres qui nous plaisent le plus pour les présenter avec toute notre attention, et puis nous installer là-bas…
Et préparer un merveilleux lieu d’accueil culturel et commercial pour les amateurs de notre nouveau secteur. Une activité qui me plait déjà !

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Commentaires

  • ferreri
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    Bonjour, hé bien sujet très intéressant Céline

    • Celine Essentiam

      Merci Aurélio ! disons que ça change un peu… des sujets « reliure » et « cuir ». Et ce n’est qu’une analyse très personnelle… C’est difficile de faire connaître un site internet, or il va falloir que je fasse des efforts énormes à la rentrée, car nous allons être pendant quelques mois uniquement sur internet, en attendant d’installer notre local.

  • radium
    Répondre

    Bonsoir Celine,

    Merci pour ce sujet très intéressant.Mais …(je suis le roi du « mais ») pour vendre un produit disons de passion, qui n’est pas qu’un objet et ou le toucher, l’odeur, la texture comptent pour beaucoup dans l’intérêt du livre ancien, il me parait étonnant que le virtuel soit porteur.Je ne connais pas le volume de vos ventes par le net mais certainement que le site est porteur pour canaliser et informer de ce que vous avez en boutique « réelle ». Disons que pour les produits que vous vendez un site virtuel est peu porteur a la vente d’un ouvrage qui peut valoir une somme respectable .Pour moi un site comme le votre est un media publicitaire, informatif, instaurateur d’une relation de confiance et efficace , surtout pour les produits dérivés.MAIS! pitète que je me trompe, mais je ne me vois pas acheter une oeuvre majeure par correspondance.

    cdt.

Un renseignement ?

Je ne suis pas en ligne, laissez-moi votre message, je vous réponds dès mon retour. Céline Essentiam.

Je peux vous renseigner ?

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